Guide

Retranscription d’entretien : méthode, modèle et RGPD

Page mise à jour le

L’essentiel

Choisissez d’abord le type de retranscription (intégrale pour analyser la parole, nettoyée pour le contenu), fixez vos conventions, faites un premier jet automatique puis relisez en réécoutant. Côté RGPD, la voix et le texte d’un entretien sont des données personnelles : pseudonymisez tôt, gardez la table de correspondance à part, et si l’audio part chez un service en ligne, ce service est un sous-traitant qu’il faut encadrer par contrat. Une transcription faite sur votre propre appareil évite ce transfert.

Intégrale ou nettoyée : choisir avant de commencer

  • Retranscription intégrale (verbatim) : tout ce qui est dit, hésitations, répétitions, rires, silences et relances comprises. Pour l’analyse de discours ou de conversation.
  • Retranscription nettoyée : tout le sens, sans les « euh », les faux départs ni les tics de langage. Pour l’analyse thématique, l’enquête journalistique ou la citation.
  • Synthèse : un résumé structuré, avec quelques citations exactes. Pour garder une trace d’un entretien secondaire, pas pour l’analyser.

À la main, on compte couramment quatre à six heures de travail par heure d’enregistrement. Un premier jet automatique, relu ensuite, réduit fortement ce temps, surtout pour une retranscription nettoyée.

Fixer ses conventions

Écrivez vos règles une fois, en tête du projet, et tenez-vous-y d’un entretien à l’autre : c’est ce qui rend les transcriptions comparables.

  • Intervenants : un code court et stable (ENQ pour l’enquêteur, P07 pour la personne), jamais le vrai nom.
  • Horodatage : [mm:ss] au début de chaque prise de parole, ou toutes les minutes.
  • Passages incertains : [inaudible 12:40], [incertain : Bertoua ?].
  • Non-verbal : [rire], [silence 5 s], [interruption].
  • Retraits : [nom retiré], [lieu retiré], pour tout ce qui identifie.

Un modèle à copier

  • [00:00] ENQ : Vous êtes d’accord pour que j’enregistre ? Votre nom n’apparaîtra nulle part.
  • [00:06] P07 : Oui, d’accord.
  • [00:09] ENQ : Depuis quand travaillez-vous au marché ?
  • [00:14] P07 : Depuis 2019. Avant, j’étais à [lieu retiré], avec mon oncle [nom retiré]. [rire]
  • [00:31] P07 : Les contrôles ont commencé après [inaudible 00:33] l’année d’après.

Méthode pas à pas

  1. Enregistrer proprement

    Consentement dit et enregistré au début, endroit calme, téléphone près de la personne. Une bonne prise de son fait gagner des heures de relecture.

  2. Faire un premier jet automatique

    Un modèle de reconnaissance vocale comme Whisper produit un texte horodaté en quelques minutes. Sur votre appareil, l’audio ne part nulle part.

  3. Relire en réécoutant

    Corrigez les noms propres, les chiffres et les passages en langue mêlée. Réécoutez chaque phrase que vous citerez mot pour mot.

  4. Pseudonymiser

    Remplacez noms, lieux précis et détails identifiants par des codes ; notez la correspondance dans une table séparée, rangée ailleurs.

  5. Archiver et effacer

    Décidez combien de temps vous gardez l’audio. Souvent, une fois la transcription relue, l’enregistrement n’est plus nécessaire.

Le RGPD sans jargon

  • La voix et le contenu d’un entretien permettent d’identifier une personne : ce sont des données personnelles.
  • Des données pseudonymisées (noms remplacés par des codes, table de correspondance à part) restent des données personnelles : le RGPD continue de s’appliquer.
  • Seule une anonymisation effective, qui rend la réidentification impossible en pratique, fait sortir les données du RGPD. Un entretien détaillé y parvient rarement.
  • Si vous envoyez l’audio à un service de transcription en ligne, ce service traite des données personnelles pour vous : c’est un sous-traitant au sens de l’article 28, avec lequel il faut un contrat (souvent appelé DPA).
  • Transcrire sur votre propre appareil évite ce transfert : pas de tiers, pas de contrat de sous-traitance pour cette étape.

Avec nTilia

Enregistrez l’entretien dans la note, ou importez un fichier audio. Dès Pro, nTilia le transcrit avec Whisper sur l’appareil, sans réseau : la transcription arrive dans la note avec des horodatages [mm:ss]. Vous relisez, remplacez les noms par des codes, puis l’IA peut, à votre demande, proposer une version nettoyée, que vous comparez Avant / Après avant de l’accepter.

Tout le carnet est chiffré au repos par le Coffre (AES-256-GCM, dès le plan gratuit). Un entretien en note « appareil » ne quitte jamais le téléphone. Et si l’entretien nourrit un article, le journal le publie avec un bloc Citer et, dès Pro, un DOI Zenodo.

Questions fréquentes

Combien de temps pour retranscrire une heure d’entretien ?

À la main, on compte couramment quatre à six heures. Avec un premier jet automatique puis une relecture, il faut surtout le temps de réécouter les passages importants.

Faut-il tout retranscrire mot pour mot ?

Non. L’intégrale sert à analyser la façon de parler ; pour le contenu, une retranscription nettoyée suffit, à condition de citer mot pour mot les passages repris.

Utiliser un service de transcription en ligne est-il conforme au RGPD ?

Cela peut l’être, mais le service devient votre sous-traitant : il faut un contrat conforme à l’article 28 et vérifier où partent les données. Une transcription sur l’appareil évite ce transfert.

Remplacer les noms suffit-il à anonymiser ?

Non : c’est une pseudonymisation, et les données restent personnelles. Un lieu, un métier ou une anecdote peuvent suffire à reconnaître quelqu’un ; retirez-les aussi quand c’est nécessaire.

Sources, vérifiées le 27 septembre 2026

Gratuit · Sans carte · Fonctionne hors ligne