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Corriger un article publié : rectificatif et erratum

Erratum, rectificatif, mise à jour, droit de réponse : ce qu'exige la déontologie, des modèles de note de correction, et comment ne rien effacer.

Texte assisté par intelligence artificielle — relu par l’auteur.


Un chiffre faux, un nom mal orthographié, une citation attribuée à la mauvaise personne. Tout journaliste finit par publier une erreur. Ce qui compte, c'est ce qui se passe ensuite.

La pire réponse est aussi la plus tentante : modifier le texte en silence et espérer que personne n'ait vu. Or quelqu'un a presque toujours vu. Une capture circule, une archive du web a gardé la page, un lecteur compare. La correction discrète devient alors un second problème, plus grave que le premier.

Entre clavier et calepin, le geste précis de la correction
Entre clavier et calepin, le geste précis de la correctionSource: Unsplash

Voici comment corriger un article publié proprement : les mots justes, ce que disent les règles, des modèles de note de correction, et la façon dont nTilia garde la trace de chaque version.

Erratum, rectificatif, mise à jour, droit de réponse

Quatre notions souvent confondues :

Terme Ce que c'est Qui en prend l'initiative
Erratum Une erreur matérielle : coquille, faute de nom, date inversée L'auteur ou la rédaction
Rectificatif Une erreur de fait : chiffre, attribution, information inexacte L'auteur ou la rédaction
Mise à jour Un fait nouveau survenu après la publication, sans erreur initiale L'auteur ou la rédaction
Droit de réponse Le texte d'une personne nommée ou désignée dans l'article La personne concernée

La distinction n'est pas qu'une affaire de vocabulaire. Une mise à jour signalée comme une correction laisse croire à une erreur qui n'existe pas. Une correction présentée comme une simple mise à jour cache une erreur qui existe.

Ce que disent les règles

La déontologie. La Charte de Munich (1971) fait de la rectification l'un des devoirs du journaliste : rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte. En France, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) précise dans ses recommandations qu'une rectification doit être systématique, rapide, explicite, complète et visible. Aux États-Unis, le code de la Society of Professional Journalists demande de reconnaître ses erreurs et de les corriger rapidement et de façon visible.

Le droit. En France, la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse prévoit un droit de réponse pour toute personne nommée ou désignée dans un journal ; la loi pour la confiance dans l'économie numérique (2004) l'étend aux services en ligne. Le droit de réponse ne remplace pas la rectification : c'est la parole d'un tiers, pas la reconnaissance d'une erreur par l'auteur. Pour tout cas litigieux, un juriste reste le bon interlocuteur.

Corriger un article en ligne : 6 bonnes pratiques

  1. Corriger la page, ne pas la supprimer. Une page supprimée efface aussi la correction ; les reprises et les liens pointent alors dans le vide.
  2. Dire ce qui était faux, et ce qui est juste. « Une version précédente indiquait X. Le chiffre exact est Y. » Le lecteur mesure l'ampleur de l'erreur par lui-même.
  3. Dater la correction. « Mis à jour le 3 octobre » sous la date de publication, pas au fond de la page.
  4. La rendre visible. Près du titre ou de la signature, là où le lecteur la verra avant de relire le passage fautif.
  5. Lui donner la même portée que l'erreur. Si l'erreur a circulé sur les réseaux, la correction doit y circuler aussi.
  6. Garder l'ancienne version consultable. Une correction vérifiable vaut mieux qu'une correction affirmée.

Une coquille sans conséquence sur le sens (une virgule, une faute de frappe) ne justifie pas toujours une note. Dès qu'un fait, un nom, un chiffre ou une citation change, la note s'impose.

Modèles de note de correction

Des formulations courtes, à adapter :

Chiffre erroné

Correction, 3 octobre : une version précédente de cet article indiquait un coût de 38 000 euros. Le montant exact est de 380 000 euros.

Nom mal orthographié

Correction : le nom de Mme Nadège Owona avait été mal orthographié dans une version précédente.

Citation mal attribuée

Rectificatif, 3 octobre : la citation du troisième paragraphe avait été attribuée par erreur au maire. Elle est de son premier adjoint.

Fait nouveau, sans erreur

Mise à jour, 5 octobre : le département a confirmé son aide, annoncée après la publication de cet article.

Trois règles pour les rédiger : une phrase ou deux, pas d'adjectif (« regrettable », « malencontreuse »), et jamais de répétition de l'erreur quand elle porte atteinte à une personne.

Pourquoi la correction silencieuse coûte plus cher

Modifier un texte sans le signaler, c'est parier que personne ne comparera. Le pari est perdu d'avance sur le web : archives, captures, lecteurs attentifs. Quand l'écart est découvert, la question n'est plus « l'article contenait-il une erreur ? » mais « que cache-t-on d'autre ? ».

À l'inverse, une rédaction qui corrige en public montre qu'elle vérifie. Plusieurs initiatives de la profession, comme Trusting News aux États-Unis, recommandent d'ailleurs de mettre les corrections en avant plutôt que de les minimiser.

Avec nTilia : corriger sans rien effacer

Dans nTilia, un article publié se corrige dans l'éditeur, puis on clique sur Mettre à jour. Trois choses se passent :

  • la version qui était en ligne est archivée avant d'être remplacée ;
  • la date « Mis à jour le » s'affiche sous la date de publication ;
  • la note de correction, si vous en avez rédigé une, apparaît sous la signature, à l'endroit où le lecteur la voit.

Sous l'article, un lien Historique public mène à la page des versions publiées : la version en ligne, chaque version archivée avec sa date, et un bouton Comparer qui montre les mots ajoutés et retirés dans le titre, le sous-titre et le corps. Les brouillons, eux, restent privés : seules les versions qui ont été en ligne apparaissent.

Il est aussi possible de republier une version antérieure. nTilia archive alors la version actuelle avant de la remplacer, et ajoute une note de correction : même un retour en arrière laisse une trace.

À ne pas confondre avec l'historique de versions privé de l'éditeur, qui garde vos états de travail et n'est jamais montré aux lecteurs. Pour le détail de l'éditeur, voir Éditeur de texte pour journaliste. Du carnet à la copie.

Ce que nTilia ne fait pas à votre place

  • Rédiger la note : l'outil l'affiche, il ne la rédige pas. Dire précisément ce qui était faux reste un travail d'auteur.
  • Corriger les reprises : les partages sur les réseaux sociaux et les citations par d'autres médias ne se mettent pas à jour tout seuls.
  • Trancher un litige : un droit de réponse ou une mise en demeure relève du droit, pas de l'éditeur.

La meilleure correction reste celle qu'on n'a pas à faire : pour vérifier chaque fait avant publication, la méthode est dans Règle des 5W : modèle d'article de presse prêt à l'emploi.


La note de correction et les versions publiées sont incluses dans l'offre gratuite de nTilia, sans carte bancaire. Essayez-le sur ntilia.com.

Foire aux questions

Quelle est la différence entre un erratum et un rectificatif ?

Un erratum corrige une erreur matérielle, comme une coquille ou un nom mal orthographié. Un rectificatif corrige une erreur de fait : un chiffre, une attribution, une information inexacte. Dans les deux cas, la correction doit être signalée au lecteur.

Peut-on modifier un article en ligne sans le signaler ?

Pour une faute de frappe sans effet sur le sens, c'est admis. Dès qu'un fait, un nom, un chiffre ou une citation change, la déontologie demande une correction explicite, datée et visible. Une modification silencieuse découverte plus tard entame la confiance des lecteurs.

Où placer une note de correction ?

Près du titre ou sous la signature, avec la date de la correction, là où le lecteur la voit avant de lire le passage corrigé. Une note en bas de page passe inaperçue.

Faut-il supprimer un article qui contient une erreur ?

Non, sauf cas exceptionnel (atteinte grave à une personne, décision de justice). Supprimer la page efface aussi la correction et casse les liens qui y mènent. La bonne pratique est de corriger la page et de le signaler.

Quelle est la différence entre un rectificatif et un droit de réponse ?

Le rectificatif est publié par l'auteur ou la rédaction qui reconnaît une erreur. Le droit de réponse, prévu en France par la loi du 29 juillet 1881, permet à une personne nommée ou désignée dans un article de faire publier sa propre réponse, qu'il y ait eu erreur ou non.

Comment nTilia garde-t-il la trace des corrections ?

Chaque « Mettre à jour » archive la version qui était en ligne. Le lecteur voit la date de mise à jour et la note de correction sous la signature, et peut ouvrir l'historique public pour comparer les versions mot à mot.

Citer cet article

David Herreman. (2026). Corriger un article publié : rectificatif et erratum. Carnets de terrain. https://ntilia.com/u/davidherreman/fr/corriger-un-article-publie-rectificatif-erratum (consulté le 2026-10-22)