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Archivée le 8 septembre 2026 · 22:33 → Version en ligne

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​ > Face à la manipulation qu'on observe dans les églises charismatiques (ou églises de réveil) autour du mot « onction », il faut se demander ce que signifie vraiment être oint d'un point de vue biblique, et si l'on peut encore l'être aujourd'hui. ## Une réalité pour tous les chrétiens, non une élite L'Écriture t'enseigne que si tu es chrétien, tu es oint. Si tu as été régénéré par le Saint-Esprit de Dieu, tu es oint. Ce n'est pas un sentiment, ce n'est pas une émotion, ce n'est pas une expérience à ressentir. C'est une réalité objective, liée à ta position en Christ et non à ce que tu éprouves. ![La vérité et la lumière spirituelle accessibles à tous](https://estwtgoraddyvzadcfnx.supabase.co/storage/v1/object/public/article-images/83ca90af-ad0e-491f-8837-3f996d9c7c9b/5beb65c3-8ec9-4a53-aa17-db0ac8565409/dda39419-f191-4eca-bc09-92b72beb746e.jpg "ntilia.com") > 1 Jean 2.20 dit : « *Mais vous, vous avez reçu l'onction de la part de celui qui est saint, et vous avez tous la connaissance.* » Regarde bien ce mot « *tous* ». L'apôtre Jean s'adresse à l'ensemble des croyants, pas à une catégorie particulière. Cela n'est réservé à aucun élu. Il n'existe pas des chrétiens qui posséderaient une onction super-spéciale que le reste, les chrétiens « ordinaires », n'aurait pas. Cela reviendrait à diviser les chrétiens en classes, ceux qui ont et ceux qui n'ont pas, comme pour dire « lui, il est oint, il a une grande onction ». On aboutirait alors à une hiérarchie spirituelle, avec une élite d'« oints » tout en haut et une masse de simples fidèles en dessous, exactement l'inverse de ce qu'enseigne le Nouveau Testament. Non, **si tu es en Christ, tu es oint**. Il n'y a pas de division de classes dans le christianisme. Nous sommes un en Christ, le terrain est plat au pied de la croix. ## Une notion détournée pour manipuler Il s'agit donc d'une fausse compréhension d'une réalité biblique, et on s'en sert pour manipuler les gens. Cela sert aussi à élever tel ou tel faux prophète ou faux apôtre, à le hisser à un statut supérieur à tous les autres, comme s'il avait une source d'autorité différente, un accès unique à Dieu, une révélation et une connaissance divines reçues directement du Saint-Esprit, du Christ lui-même. Ce prétendu canal du ciel vers divers faux enseignants devient leur moyen de s'isoler de tout examen critique : > « Vous ne trouvez pas cela dans la Bible ? Ne vous en faites pas, j'ai l'onction. » Alors si tu ne le trouves pas dans l'Écriture, ne t'inquiète pas, il possède cette voie d'accès privilégiée à Dieu, et nous, simples auditeurs, nous ne pouvons ni le toucher ni le critiquer, parce qu'il ne faudrait pas « toucher à l'oint du Seigneur ». ### Le détournement de « Ne touchez pas à mes oints » Ce verset, d'ailleurs, « *Ne touchez pas à mes oints, et ne faites pas de mal à mes prophètes* » (Psaume 105.15 ; voir aussi 1 Chroniques 16.22), on le détourne systématiquement de son sens. Dans son contexte, il concerne la protection que Dieu accordait aux patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, lorsqu'ils étaient étrangers et vulnérables au milieu des nations. Il ne s'agit nullement d'une clause d'immunité interdisant d'évaluer la doctrine d'un enseignant contemporain. On brandit ce texte pour couper court à toute question légitime, en présentant la critique, même fondée sur l'Écriture, comme une agression spirituelle, voire comme une atteinte à Dieu lui-même. ## L'appel biblique à l'examen Or c'est précisément l'inverse que recommande le Nouveau Testament : - Les Béréens sont loués parce qu'ils « *examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact* » (Actes 17.11). - Paul ordonne : « *Examinez tout, retenez ce qui est bon* » (1 Thessaloniciens 5.21). - Jean commande d'« *éprouver les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu* » (1 Jean 4.1). L'autorité d'un enseignant ne repose donc jamais sur une onction invérifiable qu'il s'attribue lui-même, mais sur la fidélité de son enseignement à la Parole écrite, la seule mesure à laquelle tout croyant, précisément parce qu'il est lui aussi oint, a le droit et le devoir de le soumettre. ## L'onction comme illumination du Saint-Esprit Je crois qu'il faut d'abord comprendre l'onction comme la promesse d'une illumination du Saint-Esprit pour comprendre la Parole, et tu l'as reçue, toi aussi. Nous ne possédons pas seulement l'enseignement, mais l'Auteur même de la Parole, voilà ce qu'est l'onction. C'est pourquoi nous n'avons pas besoin d'enseignants humains, et c'est justement ce que dit la suite du verset. >1 Jean 2.27 poursuit en effet : « *L'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est véritable et n'est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu'elle vous a donnés.* » Jean ne veut évidemment pas dire que les pasteurs et les docteurs sont inutiles, le même Nouveau Testament les présente comme des dons du Christ à son Église (Éphésiens 4.11), mais qu'on ne dépend pas d'une caste d'initiés qui détiendrait seule la clé de la vérité. Tu n'as pas besoin d'être enseigné selon la sagesse humaine. L'onction que tu portes, c'est l'œuvre illuminatrice du Saint-Esprit, qui te conduit à une compréhension véritable de l'Écriture. Chaque croyant la possède, elle vient avec la présence du Saint-Esprit qui habite en lui. Tu ne pourrais pas vivre la vie chrétienne si tu ne pouvais pas comprendre la Bible. Et nous savons que « *l'homme naturel ne comprend pas les choses de Dieu ; elles sont une folie pour lui* » (1 Corinthiens 2.14), mais toi, tu as la pensée de Christ. Pourquoi as-tu la pensée de Christ ? Parce que, selon 1 Corinthiens 2.16, l'Esprit enseigne les choses profondes de Dieu, jusqu'aux « *profondeurs de Dieu* » que seul son Esprit sonde (1 Corinthiens 2.10). Voilà ce qu'est l'onction, non pas une aura mystique réservée à quelques-uns, mais la capacité, donnée à tout enfant de Dieu, de recevoir et de discerner sa vérité révélée. ## Le détournement du sens vétérotestamentaire Mais tu as raison, ils emploient ce mot dans un sens vétérotestamentaire, comme s'il désignait un prophète, un prêtre ou un roi oint lors d'une cérémonie officielle, tel Aaron consacré par l'huile sainte (Exode 30.30) ou David oint par Samuel (1 Samuel 16.13). Ils s'en servent pour se placer au-dessus du commun des mortels, si élevés qu'ils échapperaient à toute critique. « J'ai l'onction de Dieu. » Cette onction rituelle appartenait pourtant à un ordre ancien, celui de l'ombre et de la figure, désormais accompli en Christ, le seul véritable Oint, le Messie (littéralement « l'Oint »), prêtre, prophète et roi tout à la fois. S'arroger un tel statut, c'est usurper ce qui n'appartient qu'à lui. Je crois qu'il faut ajouter que ce genre d'activité n'a rien à voir avec le christianisme, c'est du paganisme. Cela relève de la même logique que les prêtres et les mages des religions antiques, qui se disaient détenteurs exclusifs d'un savoir caché pour mieux dominer les foules. C'est, franchement, un blasphème contre le Saint-Esprit, car cela attribue à un homme, pour son propre prestige, ce qui est l'œuvre commune et gracieuse de l'Esprit dans le cœur de tous les rachetés. ## Les manifestations liées à l'imposition des mains de celui qui se prétend oint Dans ces milieux, l'onction revendiquée s'accompagne souvent de manifestations physiques spectaculaires censées en prouver la réalité. Tu vois des gens tomber à la renverse, saisis d'un tremblement, pris de rires incontrôlables ou de pleurs convulsifs, dès que le « oint » les touche au front ou souffle sur eux. Ces phénomènes sont présentés comme la preuve visible d'un transfert de puissance divine, une « onction » qui passerait de l'homme au fidèle par le canal de ses mains. Or l'Écriture ne rattache jamais l'imposition des mains à ce type de démonstration. Dans le Nouveau Testament, ce geste sert à commissionner des serviteurs pour une tâche (Actes 6.6 ; 13.3), à transmettre un don en lien avec la prophétie (1 Timothée 4.14), ou à accompagner une guérison réelle et vérifiable (Actes 28.8), jamais à provoquer un spectacle émotionnel érigé en preuve de spiritualité. Rien, dans ces textes, ne suggère qu'un homme puisse faire circuler une puissance spirituelle par simple contact, comme on transmettrait un courant électrique. Il faut aussi te rappeler que des manifestations physiques comparables, transes, chutes, secousses corporelles, cris, existent dans quantité de religions païennes et de mouvements occultes, sans le moindre rapport avec l'Esprit de Dieu. Le caractère spectaculaire d'un phénomène ne prouve donc rien quant à son origine, il peut tout aussi bien relever de la suggestion collective, de l'attente psychologique entretenue par l'ambiance, voire d'une influence spirituelle trompeuse. Le vrai critère demeure toujours le même, la conformité à la Parole et le fruit durable de sainteté qu'il produit, non l'intensité de l'émotion ressentie sur le moment. ## Se libérer de cette manipulation sectaire et dangereuse Comment échapper à cette emprise lorsque tu y as été soumis ? La première étape consiste à retrouver le réflexe béréen, tout ramener à l'Écriture. Aucun enseignant, aussi charismatique soit-il, ne doit être cru sur parole. Si ce qu'il affirme ne se vérifie pas dans le texte biblique, lu dans son contexte, alors il faut l'écarter, quelle que soit l'onction dont il se réclame. Il faut ensuite démasquer le mécanisme de la peur. Les systèmes manipulateurs fonctionnent en présentant le doute comme une rébellion, la question comme un péché, le départ comme une trahison qui attirerait le jugement de Dieu. On menace parfois ouvertement, quitter le groupe, ce serait « toucher à l'oint », s'exposer à la malédiction. Mais l'Évangile n'est jamais une prison, le Christ affranchit, il n'enchaîne pas, « *C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis* » (Galates 5.1). Là où règne l'intimidation spirituelle, l'Esprit de Dieu, lui, produit « *l'amour, la joie, la paix* » (Galates 5.22), non la terreur. Il est également essentiel de rompre l'isolement. La manipulation sectaire prospère dans le huis clos, là où l'on coupe le fidèle de toute voix extérieure, de sa famille, d'autres chrétiens, de toute Église saine capable de porter un regard lucide. Renouer avec une communauté équilibrée, fondée sur la Parole et non sur le culte d'un homme, où les responsables se soumettent eux-mêmes à l'examen de tous, c'est souvent le chemin de la délivrance. Enfin, il faut réapprendre à qui appartient réellement l'onction. Celui qui a compris que l'Esprit habite en lui, qu'il possède lui-même la pensée de Christ et l'accès direct au Père, cesse d'avoir besoin d'un intermédiaire qui prétendrait détenir seul la faveur divine. La meilleure protection contre les faux oints reste la certitude d'être soi-même oint, non pour dominer autrui, mais pour discerner la vérité et demeurer en Christ. C'est cette assurance, et non la soumission craintive, qui affranchit définitivement de l'emprise.